L’expo de Lausanne 1964

L’expo de Lausanne 1964

J’y suis allé parce que j’avais une invitation.

 Bien sur, il y avait un petit train monorail qui passait en haut, en bas, à l’intérieur des halles d’expo, dehors, au-dessus de l’eau et aussi des trucs sur l’industrie que les suisses savent fabriquer. Mais le choc, ça a été Tinguely, une grosse sculpture de roues, d’engrenages, de barres, tout un tas de bielles qui bougent et qui pèsent des tonnes !

J’avais fait pour une boite de nuit un décor dans le genre, « pour faire avant garde » avec des petits moteurs de récup. Lorsque j’ai découvert l’œuvre de Jean Tinguely à cette exposition, je me suis senti moins cave-bricolo qui essaye d’épater son public !

Lui – je ne connaissais pas son nom auparavant – fait dans le gros ; ses œuvres, c’est de l’industrie lourde, de la récupération c’est sur ! Comment fait-il pour soulever toute cette ferraille ? Où a-t-il eu ces moteurs ? Bref, j’avais vingt quatre balais tout chauds et enfin une idole des jeunes à moi ! Ça dure toujours.

La copine de Tinguely s’appelle Niki de Saint-Phalle. Dire que ces deux-là ne m’ont pas influencé dans mes activités artistiques serait mentir ! Et pour la petite histoire, mon 18 ème petit enfant s’appelle Nikky.

Au printemps dernier, Solange et moi sommes enfin allés visiter le jardin des Tarots en Toscane – l’œuvre de Niki de Saint Phalle.

De retour, il a fallu absolument peindre en bleu la grosse femme que j’avais construite, tirée directement de « l’origine du monde » de Gustave Courbet. Peut etre que Klein et son bleu y sont pour quelque chose mais la « Hon/Elle » de Stockholm, c’est sur, il y a une ressemblance. On y entrait par le sexe. De la mienne, on sortait par le sexe pour accéder à la salle de spectacle. Depuis, elle trône dans  « La Trace ». Cette année, les influences artistiques sont franchement marquées : le nu descendant un escalier est sans équivoque, Marina Abramovic m’a inspirée la jeune fille et la mort en mobile. Jérôme Bosch n’est pas absent dans la cuisine dans les arbres. Et la dame de Willendorf ?

Bon, je ne fais pas que regarder les autres artistes, j’ai aussi mon truc à moi ! Il faudra d’autres personnes pour en parler.

L’an prochain, je monte un grand mobile avec beaucoup de moteurs, comme le grand frère Tinguely. Ce sera en bois parce que la ferraille est beaucoup trop lourde !

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