La providence

La providence

Aux guides de mes chevaux, j’étais en mauvaise posture. La nuit tombait. J’y voyais encore. Les roulottes devant traçaient et s’éloignaient de la mienne. Je sentais bien quelque chose de bizarre dans mon attelage. Alors tout naturellement, je décidais de freiner. Cela tombait bien, la route descendait.

Pas de frein ! La panique … Je parle à mes chevaux et leur dit  « tout doux ». Ils ralentissent le pas. Et qu’elle n’est pas ma surprise quand j’ai vu le timon avancer et mes chevaux reculer jusqu’à toucher la planche de ma roulotte ! Du coup, c’était la panique chez eux, ils commençaient à trotter dans la descente et moi j’ai eu juste le temps de tirer sur le guide gauche de l’attelage, de traverser la route et  de m’encastrer dans une clôture en grillage.

Ouf, les chevaux étaient immobilisés. tout allait bien. Enfin, oui parce que là au moins, c’était du sûr ! J’étais arrêtée. «Je ne provoquerai pas d’accident !» me suis-je dit. Mon cœur battait la chamade, mes jambes tremblaient. C’est idiot d’ailleurs parce qu’il ne pouvait plus rien m’arriver de grave puisque j’étais à l’arrêt ! Mais quand même ; j’ai refait le film et je m’imaginais le pire … Bon bref, j’ai repris mes esprits. Et là j’entends une voix me dire : allez vous bien madame ? « Oui, merci, monsieur, j’ai beaucoup de chance, tout va bien ». Alors il m’a demandé ce qui s’était passé et je lui ai répondu que le timon s’était désaxé et que je n’avais plus la maîtrise de la conduite des chevaux. Il a eu l’air de comprendre ce qui se passe …

Gérard pendant ce temps a été alerté et je l’ai vu arriver. Tout de suite, le monsieur lui a expliqué la situation et les voilà tous les deux allongés sous la roulotte pendant que j’étais à côté des chevaux pour les réconforter parce que eux aussi ont eu peur ! La réparation a été faite en deux temps trois mouvements et nous voilà repartis vite fait parce que là la nuit était tombée, il fallait s’arrêter sur la place du village. J’ai eu le temps de dire merci au monsieur parce qu’il m’avait rassuré et il m’a crié : « venez me voir, je suis maréchal ferrant au club med. Je veux vous présenter ma femme. Elle est brésilienne et a été comédienne. Il y aura sûrement un costume pour toi, Solange».
La providence m’avait mis sur le chemin cet homme.

Nous venions d’arriver à Arnac Pompadour.

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