Archives de
Mois : avril 2016

Poids plume

Poids plume

Si ça continue à trainer comme ça, je vais me mettre foutument en retard pour « la Trace ». Il faut pourtant que je finisse ce boulot, c’est lui qui finance notre spectacle. C’est long ! En fait je travaille pour un musée de la préhistoire qui m’a demandé de fabriquer des personnages homo sapiens. Homo sapiens : c’est nous (animal mammifère primate omnivore homo sapiens), sauf que là ils sont en position dans leurs occupations de l’époque préhistorique et en costume s’il vous plaît ! Ce costume, il faut l’imaginer parce qu’il n’y en a aucune trace ; les préhistoriens (les vrais professionnels) vont sûrement trouver à redire, pourtant j’essaie de me mettre dans la peau de ces différentes peuplades qui ne possédaient ni le fer ni le tissage (encore que là …) mais étaient tout aussi adroits de leurs mains que nous et en plus avaient beaucoup de temps libre de chasse et cueillettes à consacrer au fignolage de leur apparence.

Bon, vous avez compris que « la Trace » n’est pas une affaire, c’est plutôt un spectacle déficitaire. Mais peu importe, nous avons très envie de le faire et de le continuer. Les comédiens qui y participent sont tous amateurs et bénévoles. Ils viennent, choisissent un rôle ou expriment un souhait et je m’adapte à eux dans la mesure du possible bien sûr : il n’y a et n’y aura pas de rôle de terminator ; il y a un style quand même. Si le coeur vous en dit, c’est ouvert. Personnellement je cherche une personne d’un demi-siècle ou plus mais pas beaucoup et d’un demi-quintal pas plus pour la tortue laineuse. La comédienne précédente s’est engagée dans un beau festival qui lui prend tout son temps pendant l’été. Il y a aussi possibilité de participer à la préparation si vous en avez envie. Ça me ferait drôlement plaisir.

20160208_132636.jpg

20160415_171127.jpg

 

La Trace, une histoire de vie

La Trace, une histoire de vie

Chapitre premier

Nous étions installés Gérard et moi autour de la table ronde à « Asclar », dans la ferme de haute Ardèche. Une tasse de café chacun, Gérard me posait la question sur mes envies de vie. En fait, nous étions en train de nous découvrir, cela faisait dix jours que nous nous étions rencontrés.

Peu avant notre rencontre, je revenais d’une virée en montagne. Avec mes potes, nous partions régulièrement faire des randonnées à ski et peau de phoque et cette fois-ci je revenais des montagnes autrichiennes. Alors tout naturellement, mes envies de vie étaient là, de continuer à faire des balades en montagne, de découvrir les paysages du monde. Je n’avais pas encore d’enfant et je voulais profiter de ces moments disponibles pour visiter le monde.

Je travaillais à Saint-Etienne. Et pendant mes vacances, je pouvais me promener.

Gérard lui, ne voulait pas rester dans cette ferme, trop froide, trop inconfortable, trop enclavée et trop de difficultés à gérer. Par contre, il désirait vivre avec ses chevaux, dix sept chevaux … Pendant la période estivale, il organisait des randonnées à cheval, accueillant des jeunes en colonie de vacances, des particuliers en quête d’aventure dans les grands froids des monts ardéchois … Il gagnait ses sous. L’hiver, les chevaux tranquilles au pré et lui dans ses affaires.

Et il m’a proposé de partir en voyage, non avec un sac à dos, mais avec notre maison derrière nous … « Tu comprends me dit-il, je voudrais voir grandir mes enfants, et avec un sac à dos, c’est pas pratique. Les chevaux tracteraient les roulottes, nous pourrions gagner des sous en présentant des spectacles. Justement, j’y pense depuis longtemps, et j’ai commencé à fabriquer des marionnettes. »

J’étais abasourdie ! Moi, Solange, issue d’une famille dont le père est industriel, connu dans sa ville, ayant passé une partie de ma jeunesse dans un pensionnat de bonnes sœurs, ayant vécu dans une grande maison profitant du personnel au service de mes parents, fréquentant un rallye de danses pour rencontrer des jeunes gens de bon milieu social, bref, « une jeune fille de bonne famille », j’allais me retrouver dans une roulotte, assimilée aux gens du voyage, avec des chevaux, les grands enfants de mon gars plus ceux à venir … Ho la la, tout à coup, je me retrouvais devant un dilemme : j’étais raide dingue de cet homme et il me proposait de partir en roulotte, monter un chapiteau, présenter un spectacle de marionnettes, éduquer nos enfants …

Je me souviens de ce qui s’est passé physiquement à l’intérieur de mon corps. Pouvez-vous vous imaginer en train de sauter dans le vide, attaché à un élastique ? Et bien, c’est précisément ce que j’ai ressenti, le saut dans le vide, le cœur qui remonte dans la tête, le sang qui se fige et le grand tourbillon.

Mais, voilà, j’étais amoureuse …

J’ai dit : oui.

Gérard et moi, nous nous sommes levés de table, sans un mot, et main dans la main, nous sommes sortis dehors. Il a bien compris qu’il n’y avait rien à dire. Tout à réfléchir.

Lettre à une amie qui ne voulait pas se montrer nue

Lettre à une amie qui ne voulait pas se montrer nue

Tu sais, comme toi, je chemine sur cette terre qui est si belle, parfaite pourrait-on croire, mais elle est habitée par des humains dotés d’un don qu’on appelle le libre arbitre. Ce don, la plupart en use avec bonheur. Hélas, quelques uns, peu nombreux, en font un usage déplorable et ça fout tout en l’air depuis des milliers d’années, comme ça à la louche je dirais dix mille ans, depuis que l’agriculture a été inventée (un truc formidable pour nourrir une population grandissante). Seulement voilà en même temps le premier homme est apparu et c’est là que le bazar a commencé !

Tu vas me dire que mon récit est incohérent : premier homme – population grandissante …

À première vue, oui, mais en réalité non. Ce premier homme, on l’a appelé Adam. Ceux qui étaient là avant n’étaient pas des hommes (juste des mâles), parce que les femmes en ces temps immémoriaux détenaient le pouvoir, tout le pouvoir. Ont-elles exagéré ? En tout cas Adam a inversé la vapeur, il a pris femme (Ève).  L’autre, celle qui dans les légendes mésopotamiennes s’appelait Lilith, indomptable, indépendante, il s’en est départi.

Ève, docile a appartenu à Adam et pour commencer a dû se couvrir afin de se cacher des autres hommes ( Ève devait être très belle à voir). Sous la direction d’Adam, qui était sûrement un chef, les hommes ont dû aussi se couvrir pour ne pas tenter Ève qui n’avait pas l’habitude de ce manque de liberté. Le règne des hommes commençait mal, surtout à cette latitude où on crève de chaud.

Et c’est pas fini ! Les enfants d’Adam et Ève, ces petits chéris (on venait d’inventer la famille) se sont chipotés pour une histoire de pâturage ou de jardin (je ne sais plus) et paf ! ils ont trouvé le moyen de faire le premier crime : Caen et Abel qu’ils s’appelaient. Du coup, barrières, frontières, guerres, ça débutait petit mais après, les descendants ont vu les choses en grand jusqu’à aujourd’hui où il y a des pétoires détenues par des mecs complètement branques, capable de faire sauter en un éclair la moitié de la planète, avec un hiver nucléaire pour l’autre moitié.

Les débuts de l’ère adamique étaient pagailleux. C’est normal, les premiers temps on ne sait pas trop comment s’y prendre. Alors les hommes (pas les femmes, elles ne comptaient plus) ont fait tout ce qu’il fallait, d’abord un roi, plutôt plusieurs, un derrière chaque frontière, en même temps sans qu’on s’en aperçoive : le peuple était né, parce que sans roi, nobles … le peuple n’était pas peuple, il est les humains donc pour le peuple il a fallu légiférer, parce qu’il doit marcher droit, obéir, payer l’impôt et j’en passe.

Et les femmes dans tout ça, on leur en a tellement dit qu’elles ont fini par avaler toutes les couleuvres qu’il est possible d’avaler avec une transmission de mère en fille. Et les voilà les gardiennes vigilantes de ce qui les opprime. Avec pas toujours la même échelle de valeur selon es cultures ou les pays. J’ai eu par exemple une voisine qui se plaignant de son homme disait : « je sais bien qu’un mari doit battre sa femme mais quand même le mien il tape bien trop fort ». Voilà un début de prise de conscience.

Il y a aussi dans d’autres pays des femmes qui doivent se couvrir de la tête aux pieds avec d’épais voiles qui cachent absolument tout ce qui pourrait être visible de l’anatomie féminine, nous sommes-là dans l’extreme, non pas tout à fait parce qu’il n’est pas exclu qu’elles soient battues et ou mutilées dans leur intimité.

Et toi, mon amie occidentale d’un pays libre, démocratique, avec ta jupe raz le bonbon, les cheveux au vent, as-tu acquis toutes les libertés qui devraient être les tiennes ? Je n’en suis pas sûr, il te reste bien quelques scories de génération et de génération d’oppression dont on croit dur comme fer à la véracité. Tu veux bien participer à mes spectacles où la nudité est de mise mais toi nue, impossible, ton intimité tu la réserves à ton homme (le voilà encore propriétaire)

Il y a encore un peu de chemin à faire pour arriver à cette révolution fondamentale qui fait que quand les femmes auront atteint la complète égalité avec l’homme, celui-ci touchera enfin sa plénitude. Voilà ma belle que le vent caresse ta peau, que le soleil la dore et que les habits qui cachent ta beauté s’envolent dans les nuées, poussées par une brise maline.

 

La fleur aux amoureux

La fleur aux amoureux

Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un artiste québécois dont j’ai vu l’exposition à Montréal où je suis allé visiter un de mes enfants (j’en ai 9) et un petit enfant (le 15ème) à venir. J’en parle de l’expo pas du petit enfant. Elle cite une des phrases de l’artiste exposé que je fais mienne avec empressement. Je cite : « les femmes sont le centre de ma vie. Je trouve inconcevable de créer sans être lié à l’univers féminin, sans être sensible à cet univers ». Vittorio 1967.

Vittorio est un artiste polyvalent célèbre pour ses affiches d’un graphisme remarquable mais aussi ses bandes dessinées, ses photographies, son écriture, ses peintures et sa vie trépidante d’homme libre. Il a fait une affiche pour le festival « Juste pour rire » de Montréal où nous avons été invités avec le spectacle « la Tour »,  je vous en soumets une photo. Des 9 scènes présentes sur les façades de « la Tour », une au moins sera présentée dans « la Trace » : « La fleur aux amoureux.la tour monreal 05  copie

Le temple de l’amour

Le temple de l’amour

20151111_170758.jpg

Il y a un peu plus de 20 ans, j’ai fait avec ma petite famille un voyage en Inde. Je vous raconterai ça plus tard. Et j’ai été franchement ému par la profusion et la sensualité des sculptures sur les façades des temples. Plusieurs projets de spectacles avec pour fond un temple indien ont été faits et avortés. Mais cette fois-ci, sans en avoir la commande, j’ai mis la chose en oeuvre pour la trace : « le temple de l’amour ».                                 Je crois bien que c’est l’amour qui nous mène tout au long de ce parcours-spectacle.                                                                                                           Je vous soumets quelques phases de sa construction. Les photographies sont un peu crues en plein jour mais vous verrez, avec un éclairage soigné, ce lieu vous touchera au plus profond de votre coeur.

20150305_101543.jpg

20150716_165834.jpg

20151111_170311.jpg

Chamane

Chamane

 

Vous ne trouvez pas bizarre que ce spectacle consacré à la femme présente un chaman ?
Hé bien, c’est bien simple, avant le néolithique, les chamans, c’était des femmes mais quand les humains ont commencé à cultiver les champs, il y a eu un renversement de vapeur. Les hommes se sont emparés de tous les pouvoirs, ont confiné les femmes dans leur foyer et ont pris les fonctions de chaman.
Bien sûr, cela ne s’est pas fait d’un seul coup, au point qu’il reste encore à ce jour quelques femmes chaman.
Le rôle s’est transmis d’une génération à l’autre sous le sceau du secret. Ensuite, les potentats des religions ont évincés ces chamans, se sont consacrés prêtres, évêques, prélats, popes, imams et autres.
Le peuple lui, est toujours en dehors de tout ça et n’a eu que le rôle d’écouter et de croire les yeux fermés.
Les femmes, elles, n’ont plus jamais eu accès à aucune responsabilité dans ces milieux au point qu’encore aujourd’hui, dans certains pays, elles ne sont pas autorisées à lire ni même à toucher le livre sacré.

Ce temps est fini.

Nous pouvons tous être chamans, nous le devons même.
Les sceaux des secrets ont été brisés et les femmes ont là un grand rôle à jouer car non seulement elles ne doivent plus être les meilleures gardiennes de ce qui les opprime, mais en plus ce sont elles qui feront accéder l’humanité à l’âge d’or.

Ça ne saurait tarder.

chamane gerard fabi

Boule, boule et reboule

Boule, boule et reboule

La femme en robe rouge dans ce grand bois,  pousse devant elle une boule de bois,  plutôt qu’un fardeau on devrait y voir le symbole de ce que toute femme porte au courant de sa vie.
D’autres boules sont présentes sur tout le  parcours,  toutes veulent exprimer ce même message de la femme glorieuse dans sa maternité.
La robe rouge est le seul vêtement porté par les comédiens sur le parcours de « la trace ».
Je cite Khalil Gibran: « Vos vêtements dissimulent une grande partie de votre beauté mais ne cachent pas ce qui est laid. »
Je veux montrer la beauté.

wp-1460043345607.jpeg

 

Libre comme l’air

Libre comme l’air

Cette femme est libre comme l’air, elle y navigue avec aisance , à quelques mètres du sol,  elle nous offre un moment de beauté à l’état pur .
On aimerait que ce moment devienne permanent., nous toucherions alors le paradis sur notre terre. Il ne tient qu’à nous de l’atteindre.

image

img_2331.jpg

Le lance boudin

Le lance boudin

Le lance boudin, c’est comme ça que nous l’avons nommé,  non pas parce que des boudins se produisent à l’intérieur mais à cause du plastique transparent qui se gonfle une fois le véhicule arrêté .
On pourrait aussi nommer cet engin « tortue laineuse ».
Le couple qui habite allez disons « la tortue laineuse » ne sort jamais mais quand il s’ engage dans la structure gonflable il est à l’intérieur de chez lui et quand même de sortie.
La petite chorégraphie présentée ici en plus du propos esthétique,  décrit un couple dans son bonheur de vivre.
Une fois les amants rentrés au nid, la membrane transparente se rétracte jusqu’à disparaître.

fame-131-copie.jpg.jpeg

 

Formule secrète

Formule secrète

La Fontaine est une porte, une sorte de douche qui lave le spectateur des scories qui l’encombrent, idées préconçues, tabous et autres couleuvres que nous avons avalés depuis des générations, disparaîtront comme  par enchantement pendant la balade.
Ceci n’a rien de magique c’est la composition du liquide dont je garde la formule secrète.
A partir de ce passage nous sommes dans le domaine de la femme splendeur, du couple aimant et de la liberté sans entraves.