La Trace 2019

La Trace 2019

Réservation : Solange au 06 13 55 77 16 ou  ldplq@free.fr

Promenade nocturne dans les bois, à travers diverses performances :
chorégraphies, sculptures de corps, installations plastiques, ombres chinoises …
Spectacle vivant. Art contemporain. Théâtre corporel. Art visuel.

Technique

Technique

La Trace est un cheminement dans la forêt.

C’est un spectacle nocturne qu’il est nécessaire d’éclairer ; non seulement les sentiers où marchent les spectateurs mais aussi toutes les scènes qui ont besoin d’un éclairage plus ou moins puissant.

         Pour cela, nous avons installé des kilomètres de fils électriques en extérieur avec des prises qui se mouillent quand il pleut et aussi des disjoncteurs pour parer aux pannes. Malgré tout, il arrive que ça déraille ! Ce qui implique des courses à travers bois, avant l’arrivée du public, à la recherche d’un mauvais contact ou d’une lampe qui claque. Le tout est alimenté par un antique groupe électrogène qui nous fournit les trente et quelques kilowatts que consomment lumières, moteurs, machine à fumée …

         C’est la pièce maitresse. Elle fait l’objet de toute notre attention : de l’eau, de l’huile, du fioul, de l’huile de frites dans le fioul, de l’antigel, une batterie chargée. L’animal est quand même capricieux. Il lui arrive de se mettre de l’eau dans son réservoir à carburant et de s’en remplir les filtres à fioul à raz bord et de caler (là c’était pendant une répétition générale). On le croit chaque fois à l’extrême onction ! Puis il repart.

         Mais la dernière fois, le chameau, après quatre heures de bon fonctionnement il décide de casser la courroie de ventilateur. Alors bien sur, ça l’échauffe et il s’arrête et nous laisse dans le noir, pour ne pas dire dans le caca, alors que le spectacle n’est pas encore fini. La tuile, quoi !

         Honteux, il nous a fallu ramener nos spectateurs à la lampe de poche vers le grand salon qui lui est heureusement éclairé par un réseau sur batteries.

         Au cirque, quand un numéro est difficile et qu’il n’est pas réussi du premier coup, ni même du deuxième ou du troisième coup, à la fin le public applaudit à tout rompre, mieux que si le tour avait été réussi du premier coup.

         Il en a été de même pour nous. Une bonne partie du spectacle avait été vue et les rencontres dans le salon n’en ont été que plus chaleureuses.

         Le groupe malgré son coup de chaud ne semble pas avoir pété son joint de culasse. Les pistons n’ont pas serrés. Il a juste explosé une sonde de pression qui fait qu’il pisse l’huile à fond par là.

Lundi, une courroie neuve, une sonde de remplacement et normalement tout ira bien. Croisons les doigts.

Le Blondin

Le Blondin

         Quand j’étais petit, avant 1950, mon papa dirigeait l’atelier mécanique à la construction du barrage de Castillon. Un barrage mur voute en béton d’une hauteur vertigineuse. Les jeudis, j’aimais me glisser dans l’atelier. Il y régnait une odeur d’huile et de forge, le marteau-pilon écrasait le fer rouge avec une force impressionnante et un bruit d’enfer. Les perceuses, les fraiseuses et le tour fabriquaient des copeaux métalliques brillants d’une forme toujours changeante ; un vrai danger de coupure pour les doigts. Les ouvriers et mon père n’aimaient pas me voir tourner là-dedans. Aussi bien, j’étais prié d’aller voir ailleurs !

Si dans l’atelier qui risquait brulures, coupures, accidents de toute sorte, dehors il y avait d’énormes engins qui circulaient dans tous les sens, des « bulldozers », des grues, des machines dont je ne savais même pas à quoi ça pouvait servir, en tout cas, c’était gros, bruyant, ça fumait noir et ça sentait l’huile brulée et le pétrole. J’aurais tellement aimé conduire une de ces machines ! Mais à dix ans, on ne peut que rêver.

         Rêver, il y a une chose qui dépassait tout. Au-dessus du vide à bien cent mètres de haut, circulaient sur des câbles, des chariots qui déposaient le béton dans la structure ferraillée  du barrage. Ce balai incessant sur les câbles me fascinait. Parfois, un ouvrier se rendait sur un chariot en panne ou à graisser, les pieds sur le câble inférieur, les mains sur le câble supérieur. On appelle ça un blondin, sans doute à cause de Charles Blondin un funambule extraordinaire.

         J’en ai gardé toute ma vie le souvenir et bien sûr, il a fallu que j’en fabrique un pour que je puisse être dessus. Comme je n’ai pas de falaises à ma disposition, je me suis contenté de deux arbres à 8 mètres de haut, il manque 90 m !

         Pour les spectateurs de la Trace, il vaut mieux ne pas être trop loin du sujet à regarder. Alors j’espère que la beauté, la douceur  et la surprise seront là pour vous plaire.

L’expo de Lausanne 1964

L’expo de Lausanne 1964

J’y suis allé parce que j’avais une invitation.

 Bien sur, il y avait un petit train monorail qui passait en haut, en bas, à l’intérieur des halles d’expo, dehors, au-dessus de l’eau et aussi des trucs sur l’industrie que les suisses savent fabriquer. Mais le choc, ça a été Tinguely, une grosse sculpture de roues, d’engrenages, de barres, tout un tas de bielles qui bougent et qui pèsent des tonnes !

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Le thé

Le thé

Il commençait à se faire tard, quatre heures, quatre heures et demie peut-être ? Le soleil n’allait pas tarder à descendre en-deçà de l’horizon. Ce serait immédiatement la nuit.

Elle attendait. Debout, appuyée sur le dormant de la porte fenêtre entre-ouverte, son regard perdu dans le lointain, elle attendait. Il faut dire que la nature alentour appelle le regard à l’admiration, peut-être même à la méditation.

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Mademoiselle je sais tout

Mademoiselle je sais tout

Je me suis doucement agenouillée à côté d’elle, à distance respectueuse.- « que fais-tu donc, mademoiselle ?- » – Est-ce que tu vois ce que je fais ? me répond elle. – « Je vois bien que tu grattes le sol et je voudrais savoir ce que tu cherches ». – « du chewing-gum ! » me dit-elle. – « du chewing-gum ? ! » – « Eh ben, sais-tu que dès que le chewing-gum est bien mâché, il est jeté ? Il n’a plus de goût. Tu comprends ? ». « Et alors ? ». « Pfeu, dit-elle en haussant les épaule… je rentre à la maison et je le lave bien. Je le mets dans ma bouche avec un morceau de sucre, voilà ! T’as compris maintenant. Une fois l’explication donnée, elle s’est levée. Un vélo était appuyé à un arbre, elle l’a enfourché et elle a pédalé avant de disparaître sous un porche, un couteau dans une main qui tenait le guidon et le chewing-gum dans l’autre …

Moi aussi, je suis rentrée chez moi après avoir salué ma jeune amie, les bras ballants. Perplexe … par l’aplomb de cette enfant, je dirais qu’elle avait bien six ans ! ; par son indépendance, elle était tranquillement installée par terre, très concentrée sur son affaire ; par son insouciance,  petite fille sans peur …

Je l’ai rencontré à plusieurs reprises, toujours sur le boulevard, c’était son terrain de jeu. Elle était quelque fois avec d’autres enfants, parfois sur sa bicyclette, très souvent souriante et volubile. Nous avons échangé des sourires, parlé parfois. Pas approfondir la relation, cultiver le mystère, être juste là, présente à ce que mes yeux m’offraient et le coeur un peu pincé par mon imagination galopante … J’avais peur pour elle. En fait, j’avais peur tout court.

Un voyage

Un voyage

Nous avons trouvé une belle petite jardinière . Enfin, pas exactement. Lors d’un de nos voyages d’un village à l’autre, un brave homme nous interroge :« où allez-vous ? Dans le prochain village», répond Gérard, sans préciser le nom. « Alors, arrêtez-vous sur la place, je vous attendrai ». C’est ainsi que ce monsieur nous a offert ce charrettou. « Vous saurez quoi en faire. Ici, elle pourrit et je voudrais qu’elle retourne sur la route». Ça tombait bien ! Une chambre supplémentaire serait la bienvenue. Et nous avons ainsi continué notre périple en Limousin, de place en place, de village en village avec ce charrettou. Sur la route qui nous mène d’Objat à Julliac, Gerard a proposé à Thais et moi- même d’amener à la prochaine étape notre nouvel attelage. Sur la route, une voiture nous double et reste à notre hauteur. Le chauffeur nous demande notre itinéraire. Nous lui expliquons notre escale à Julliac et ensuite Arnac-Pompadour. Et il continue de nous doubler. Nous nous regardons avec Thaïs avec la tête en point d’interrogation. Et un certain temps plus tard, le voilà qui nous croise, fait demi-tour, nous double et stationne une centaine de mètres plus loin. Nous le voyons sortir de son véhicule et il nous fait de grands signes pour que nous nous arrêtions. Ce que nous faisons un peu à contre coeur parce qu’en hiver, la lumière du jour tombe vite et tôt et qu’il nous reste du chemin à faire. Et il nous balance un gros paquet léger en nous disant :  » ne prenez pas froid ! ”Nous avons ainsi hérité d’un douillet sac de couchage tout propre, tout neuf. C’est vrai que la fin du voyage a été plus confortable. L’automne allait s’installer. La température commençait à fraîchir. Quel homme délicat !

Nous l’avons revu à Arnac-Pompadour. Il travaillait dans les impôts. Je me suis parfois fait de fausses idées sur certaines professions. Il y a comme ça des personnes qui nous font grandir dans nos pensées à la « mords-moi l’noeud »

Et le charrettou a été transformé en un joli landau géant. Les petits enfants y ont beaucoup dormi, joué et fait des tas de betises en silence ou joyeux rires dont nous ne soupsonions rien d’autres que de gentils jeux … Rock and roll !

Merci !

Merci !

C’est fini pour les représentations de cette année !
Merci à vous tous d’avoir été présents cette saison.

Rendez-vous l’an prochain pour une nouvelle édition de « La Trace »