c’est un spectacle !

c’est un spectacle !

La providence

La providence

Aux guides de mes chevaux, j’étais en mauvaise posture. La nuit tombait. J’y voyais encore. Les roulottes devant traçaient et s’éloignaient de la mienne. Je sentais bien quelque chose de bizarre dans mon attelage. Alors tout naturellement, je décidais de freiner. Cela tombait bien, la route descendait.

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La trace, édition 2017

La trace, édition 2017

Ça y est, nous mettons les points derrière chaque scène de « la Trace » au fur et à mesure que son et lumières sont réglés. En ce moment, par exemple, nous faisons les réglages sur la place.

Ce sera prêt pour mercredi prochain 9 août à 21h30 précise. Et il y a des nouveautés encore cette année.

– De scènes inédites seront présentées tandis que d’autres disparaissent.

– La Trace devient gourmande sur le parcours. Chaque spectateur sera accueilli avec un apéritif maison.

Un entre-sort

Un entre-sort

Nous avons pris du retard encore cette année, il y a toujours à faire dans l’atelier, dans celui des autres et des constructions insolites !

En ce moment, nous préparons un entre-sort sur le thème de la maison de l’horreur. Il doit être prêt pour le début du mois de septembre.

C’est l’histoire d’une famille de cinq personnes, les parents et trois enfants. Une famille sans souci majeur, le papa est boucher ainsi que ses deux fils. La maman aide bien sûr et la jeune fille participe à la vie familiale. Pour une raison inconnue du commun des mortels, tous les membres de la famille ont changé de comportement et chaque membre de la famille devient épouvantable !

Je ne manquerai pas de donner des nouvelles de cette drôle de famille

 

Le Rêve

Le Rêve

Les articles sont rares en ce moment.

Ce n’est pas que je fainéantise, au contraire ! Je suis très occupé. Bien sûr, je pense toujours à «la Trace». J’ai un peu de temps jusqu’en juillet prochain. Du coup, je réalise un décor de vitrine pour Thaïs, ma fille, qui essaie de vendre de beaux vêtements dans sa boutique. Ça me bouffe un temps ! Mais ça m’amuse beaucoup. Je tente une peinture en trois dimensions avec une interprétation libre du rêve du Douanier Rousseau. Je jète là, sur du contreplaqué découpé et des panneaux de plastique cristal une idée idéalisée d’un paradis, celui que nous devrions vivre et que nous ne sommes pas loin d’atteindre, si nous nous en donnons la volonté et que de toute façon nous toucherons même si nous ne voulons pas y croire.

J’ai presque fini ; encore un panneau.

Mais Thaïs se fait un sang d’encre. Il y a une dame toute nue, allongée sur un canapé, pas une vraie, juste une sculpture réaliste.  » Que vont penser mes clientes ?  »

Sacré nom de nom (pour ne pas écrire quelque chose de carrément plus cru) quand finira donc cette résistance à la nudité ? Il y a des choses qui me dépassent.

Coup de bol (pour Thaïs), l’immeuble voisin se fait ravaler sa façade : donc échafaudage, sablage, poussière, bruit …  » Papa, pendant les travaux, je préférerais une vitrine plutôt genre travaux « . Pas de problème, une vitrine échafaudage en bambous (ceux en fer, c’est moche et je n’ai pas les moyens), un tas de pierres (en polystyrène, les vrais, c’est pas cher mais trop lourd), quelques outils (ceux dont je ne me sers pas, sinon ça manque) et le tour est joué.

Ça donne un temps de réflexion pour la dame toute nue au milieu de son paradis de feuillage et d’animaux. D’ici là peut être aurons-nous, nous aussi, atteint cet état paradisiaque dans le monde (le délais est un peu court). Là, j’ai quand même un doute.

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La fin de saison

La fin de saison

Ça y est, le temps de la diffusion des spectacles de «La Trace» est fini. Les comédiens de retour à leurs occupations plus habituelles, les projecteurs démontés, les rallonges électriques rembobinées, les sonos rangées et les décors mis au sec. Trop dommage, nous y avons passé du si bon temps ! Les moments d’été sont passés, la fraîcheur va revenir et faire des représentations en extérieur si peu habillé deviendrait de l’héroïsme. Or ce qui compte avant tout, c’est le plaisir de chacun. Le temps où il fallait que la vie soit dure est derrière nous ! L’accès au plaisir est ouvert à tous, la vie un nid de rose, le travail – à l’origine du mot : instrument de torture – devient une occupation ludique et enrichissante, le couple un vrai bonheur, la famille une plénitude …  Il ne tient qu’à nous, le petit peuple, d’avoir le désir et la volonté d’accéder à ce statut. La recette ? Simple et universelle, j’en parlerai plus tard dans une autre rubrique. Mais revenons à nos moutons «La Trace». À peine le matériel démonté, voilà les idées fusent pour la prochaine édition qui va encore s’étoffer, prendre de la force, devenir un spectacle abouti. Abouti ? un spectacle n’est jamais abouti, toujours il avance. En tout cas, de nouvelles conceptions, des répétitions, d’autres idées sont déjà en route pour la prochaine saison. Ne quittez pas la lecture, d’autres articles et billets d’humeur vont suivre.

VII – Chapitre septième : premier printemps

VII – Chapitre septième : premier printemps

Il avait été convenu que le convoi prenne ses quartiers de printemps dans un village de l’Aude. Pour accueillir le bébé que j’attendais d’une part et créer le spectacle de marionnettes d’autre part. Avec la complicité de mes cousins, nos attelages et le cheptel étaient attendus. – « Le parc est clôturé par un mur. Tu verras Solange, vous y serrez bien, et vous pourrez monter le chapiteau et travailler à votre spectacle. Les enfants pourront étudier. Les chevaux seront en toute liberté et il y a de quoi pâturer. Ce sera chouette pour vous » me dit un jour au téléphone l’une de mes cousines. Nous avions hâte d’arriver.

Ce fut notre première escale « vacances ». Malgré le boulot qui nous attendait et l’arrivée de notre bébé, L’installation fut royale. J’en garde un souvenir ému encore aujourd’hui.

Des maisons avec jardin longent la rue derrière le mur de l’entrée du parc. Nous fermions le portail pour éviter que les chevaux gambadent dans le village. Mais pas à clef bien sûr le portail. Les riverains venaient nous rendre visite. Très gentils. Au bout de la deuxième visite, certains d’entre eux nous ont demandé s’ils pouvaient ramasser le crottin. Et le lendemain, et les jours suivants, notre roulotte cuisine se transformait en bar à vin et apéritif.

Nous ne buvions pas d’alcool. Une période comme ça et puis, j’étais enceinte. Heureusement, mes cousins et amis étaient amateurs, alors, nous avons fait de belles fêtes et retrouvailles …

D’autres visiteurs nous apportaient les légumes de leur jardin. Notre poulailler installé sous la roulotte cuisine se remplissait quotidiennement de la production de nos généreuses poules naines.

J’avais calculé que bébé arriverait un mois après notre arrêt, ce qui nous donnait toute latitude pour monter le chapiteau, construire les décors du spectacle, fabriquer le castelet, des marionnettes ainsi que les retouches de certaines d’entre elles, faire les répétitions, pour nous comédiens, apprendre nos textes et pour Gérard, scénariste, scénographe, metteur en scène et technicien en toute sorte de discipline. Igor avait fabriqué notre table de mixage avec des interrupteurs gradués récupérés dans un hôpital en démolition, nous allions pouvoir la mettre en service. Aglaé avait pour mission d’aller couper un peu de crinière des chevaux pour les cheveux des marionnettes. Sacrilège ! Nos premiers projecteurs étaient en boîte de conserve trouée en leur centre pour faire passer le fil électrique. C’est ainsi qu’un beau matin, nous étions prêts à présenter notre spectacle. Igor a été à la mairie pour demander que la représentation soit annoncée au micro dans tout le village le samedi 21 avril. – c’est une tradition dans cette région de France. Lorsque le maraîcher, le poissonnier ou le marchand de chaussures arrive sur la place, il est annoncé dans le village à coup de haut parleur. Et bien pour les petits cirques c’est pareil et nous, nous étions un peu assimilés aux petits cirques.

Vendredi matin, mon bébé a décidé que c’était le moment de pointer son nez dans notre monde. Alors, Igor a repris son vélo pour aller à la mairie décommander la représentation du samedi soir. « Le spectacle de marionnettes est annulé pour raison de naissance. Report ultérieur »

Nana-Cerise est née vendredi soir et samedi midi nous étions rentrés aux roulottes. Le soir même, mes cousins ont organisé une fête. François et son groupe sont venus faire la sérénade à Nana-Cerise. Quel moment magique !

Le mardi suivant soir, le chapiteau était plein, des coussins par terre avec les enfants assis dessus avec leurs parents à côté. Plus en arrière les aînés avaient apporté leur chaise.

Ma Nana-Cerise avait quatre jours. Elle a vécu la première dans les bras de sa Mamina.

Après les applaudissements, le public est reparti chacun avec sa chacune, son siège et tout et tout. Et nous avons été largement félicités.

Trente et quelques années plus tard, une question dans ma tête attend toujours sa réponse : est-ce que les félicitations étaient attribuées au spectacle ou à la naissance ?

 

Le groupe électrogène

Le groupe électrogène

Voilà que le groupe électrogène commence à faire des siennes. Il fait des coupures de courant et a besoin d’être réamorcé en appuyant sur un petit bouton. Souvent il demande quarante appuis avant de redémarrer. Et en plein spectacle, dix minutes de noir avec le public en plein bois, j’ose imaginer ? Non ! En plus, on est jamais sûr que ça va repartir …

Donc décision a été prise d’acquérir un autre groupe, d’occasion ça va de soi. Le moins loin dans notre possibilité est en vente à Toulouse. Et nous voilà partis Solange et moi, camion et remorque. Il fait chaud, très chaud, l’aller et retour dans la journée, c’est crevant mais ça peut se faire.

L’affaire est conclue, l’antique groupe – 50 h d’utilisation en 20 ans – est chargé 1,5 T à 2 T sur la remorque. 2 T  – PTC (poids total en charge) c’est lourd mais ça va. Juste 1 T de surcharge. Tout va bien sauf qu’à quelques encablures de Villefranche un des quatre pneus éclate. Pas de roue de secours ; elle est dans le camion qui nous a été volé, il y a quelques temps déjà.

Pas grave, il reste un pneu de secours. Manque de pot il est 7h du soir et à cette heure, pas de garage pour faire le montage.
Pas grave, les seuls et aimables habitants sur cette route déserte nous proposent de garer la remorque dans leur enclos.

Rentrés à vide, une nuit passée, le pneu monté, la remorque raccrochée, nous voilà repartis à petite vitesse parce que si ça recommence, c’est la poisse. Ça n’a pas recommencé. Sauf que dans la montée chez nous, le chemin récemment fait, il y a dans un des virages, une  partie, la plus raide et pas encore stabilisée. Et là, ça n’a pas manqué : patinage, châsse sur le côté, remorque en travers à moins de 200 m du but.

Pas grave, cordes, tire-fort, treuil, essais infructueux, bonnes idées … En moins de quatre heures tout était en haut.

On a bien dormi.

 

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Homo sapiens, oui mais

Homo sapiens, oui mais

Me voilà bien embêté pour coller un titre à cette scène. En fait, pour l’élaboration, l’idée ne vient pas tout de suite, parfois même elle tarde. C’est plutôt l’oeil qui me guide ; en voyant un objet ou un ensemble, mes envies d’esthétique se mettent en route. En fouillant dans mon bric à brac, je trouve de quoi compléter -là un bout de tissus, là un petit moteur, de la peinture, de la lumière et parfois un achat irraisonnable … Un tableau ainsi se construit, parfois grandeur nature, d’autres fois juste dans le coin de ma cervelle, ce qui fait que dans le fond de cette dernière règne un vrai bric à brac , une caverne d’Ali Baba, la Galerie Lafayette décuplée, Le grand bazar, quoi ! Mais quand même, je sais où je fourre mes affaires.

Pour ce qui est de cette scène, mes petites filles pendant leur vacance chez Grand Père ont commencé à fabriquer des masques en papier mâché. Comme les vacances ne durent pas assez longtemps et qu’il n’y a pas que ça à faire, les masques sont restés en plan ! J’ai repris leur travail : compléter, modifier et trois masques d’animaux sont sortis : un lion, une girafe et un élan.

Un espace scénique où Nana-Cerise, une de mes filles avait fait une prestation du tonnerre dans la poussière de talc – on peut dire que ça fumait ! – est libre. Le talc, j’adore. Se rouler dedans est un délice. Du coup, une chorégraphie est en route dans cet espace avec 300 kg de talc. L’idée germe après l’esthétique. Quelques uns pourraient dire qu’on a là une représentation archaïque. Mais très vite je réponds que l’homme, je veux dire l’humain est un mammifère, primate, omnivore et homo sapiens.

Ici je représente un couple d’animaux mâle et femelle avec un corps d’humains pour ne pas oublier que nous en sommes aussi et que tous nous descendons de la même et unique branche.

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Le sang des filles : démenti

Le sang des filles : démenti

J’ai revu Nathalie. Bien sûr comme d’habitude, on a plein de choses à se dire, raconter, mais comme elle est très occupée : son boulot, deux petites filles adorables, et tout et tout, il ne nous reste peu de temps en palabres.

Elle a quand même pu me dire : ce n’est pas tout à fait ça que j’ai voulu exprimer. Mais plutôt le fait que Jésus a donné son sang pour le monde, c’est bien ; et toutes les femmes qui donnent leur sang pour la vie, on y pense ?

Ben oui, après tout on en a fait tout un plat de ce Christ et on a juste à côté de nous cette moitié de la population mondiale qui donne son sang et la vie. L’honore-t-on autant que l’on devrait ?

En attendant, Nathalie nous époustoufle. Elle transforme une belle ouate de polyester en un monde de doux nuages.